Je retourne au travail et je vais m'ennuyer.


C’est la fin. L’été finit. Vendredi, je recommence à travailler.

Ça fait longtemps que je suis une maman à temps plein, plus d’un an. Margot est arrivée comme une tornade dans nos vies, bousculant l’équilibre qu’on avait réussi à se créer. Avec le temps, le beau temps est revenu. On est bien ensemble. On rit, on danse, on va à la plage, on joue au parc, on passe nos soirées dans la ruelle. La vie est belle.

J’ai hâte de retrouver l’école, de revoir une classe pleine devant moi qui radote les mêmes histoires de schéma narratif. J’aime mon métier et je suis excitée à l’idée de recommencer à le pratiquer.

J’ai quand même le cœur absolument brisé à l’idée de passer autant de temps loin des filles. J’ai été gâtée. Je ne me souviens pas de la dernière fois où Daphné est allée 5 jours de suite à la garderie et Margot n’y allait que 2 ou 3 jours par semaine. Je me gardais quelques journées par semaines pour faire des petits trucs à moi, comme faire l’épicerie et le ménage. Des trucs relaxants. Ensuite, je passais mes journées à faire du bricolage, aller à la bibliothèque et jouer au parc. J’avais la belle vie. La plus belle vie.

Et là, c’est fini.

Ce soir, en couchant Daphné, elle a éclaté en sanglots. « Je veux pas que tu recommences l’école! On se verra plus! »

J’ai plus que le cœur gros. Je braille ma vie.

C’est fou parce que, quand on est en congé de maternité, le discourt, c’est : « Il faut juste passer au travers des nuits blanches. Sacrifie ton sommeil, ta vie sociale, tes repas chauds, tes loisirs. Donne tout à ton enfant parce qu’il en a besoin. »

Quand c’est le temps de recommencer le travail et que la transition est difficile à digérer, c’est rendu : «Les enfants doivent sortir de la maison, socialiser et passer à autre chose. Il faut qu’ils vivent leur vie. Reviens-en. »

J’haïs ça. C’est de la marde.

On devient mère à 100 % et, du jour au lendemain, on devrait recommencer notre vie d’un coup, comme un show de Netflix qui reprend exactement où je l’ai arrêté même si ça fait une éternité que je ne l’ai pas écouté.

Je vais tellement m’ennuyer. Je profite des dernières heures qui restent avec mes filles au maximum. J’essaie d’emmagasiner leurs sourires comme je le ferais pour ma nourriture avant de partir loin, loin, loin.

Je les aime tellement.









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